Il est de ces situations que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Aujourd'hui, j'ai repensé à une qui m'a particulièrement marquée (au sens propre, comme au figuré...). C'était durant ma deuxième année, lorsque j'ai effectué un stage au sein d'une résidence accueillant des personnes handicapées mentales. Il m'a fallu me battre bec et ongles pour parvenir à me faire une place dans ce milieu, et plus particulièrement pour réussir à me faire accepter par chaque résident. Ce fut le cas, après quelques semaines de durs labeurs. Toutefois, j'aurais certainement dû écouter les conseils de ma grand-mère, qui m'incitait souvent à me méfier du loup qui dort. J'avais pourtant l'impression d'avoir établie un certain contact avec Louane (ou presque ça...), cette résidente qui, en plus de son handicap mental, présentait également une forme de trisomie particulière. C'est donc tout naturellement que je suis allée la chercher pour l'accompagner dans le poste de soin, où le médecin l'attendait. Pour ce faire, j'ai bien entendu utilisé les méthodes de communications que l'on m'avait enseignées, et Ô miracle, elle n'a opposé aucunes résistances. Plutôt contente de moi, je décide, une fois le rendez-vous achevé, de la raccompagner à sa chambre. Que nenni, ce n'était pas du tout son souhait à elle ! Alors, employant toute la douceur possible et la persuasion dont j'étais capable, j'ai tout de même réussi à la faire aller jusque dans les escaliers. Ma première erreur : me placer une marche en dessous de celle où elle se situait. La seconde : insister (toujours gentiment, mais cela ne suffira pas). Le résultat : une bonne claque bien placée. Oui oui, sa main est partie tellement vite que je ne l'ai pas vu venir, mais ma joue, elle, l'a bien sentie. C'est à ce moment là (mieux vaut tard que jamais...) qu'une lueur de lucidité m'a envahie : seule, je n'en étais pas capable. Je suis alors allée chercher secours auprès de sa référente, qui la connaissait depuis des années. Il lui a simplement suffit de lui demander de remonter dans sa chambre pour qu'elle s'exécute.
Morale de cette histoire : il ne faut pas tout prendre pour acquis, et toujours savoir se remettre en question. Enfin, il ne faut pas pas oublier que nous ne sommes pas seuls... Nos collègues et les gens qui nous entourent peuvent se révéler de vraies personnes ressources...
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