dimanche 1 novembre 2015

Ce jour est bel et bien arrivé

Ca y est. Consécration ultime après trois longues (et parfois dures) années d'étude. Je suis passée de l'autre côté de la barrière...


Je suis officiellement Infirmière Diplômée d'Etat !


Et qui dit diplôme en poche, signifie première prise de poste. Premiers jours, stressants, intensifs d'autant que commencer en plein été n'est pas forcément la chose la plus évidente, dans la mesure où le manque de personnel se fait cruellement ressentir. Fort heureusement, contrairement à d'autres, j'ai eu la chance d'être doublée durant plus d'une semaine. Mais après ces premiers émois, il est temps de se lancer dans le grand bain. Ca y est, plus le droit à l'erreur. On se forge notre propre expérience, on apprend à s'organiser et à trouver sa propre façon de travailler. J'ai également eu la chance de tomber sur une équipe des plus compréhensive et disponible, toujours présente lorsque j'avais (ou lorsque j'ai encore) des questions ou incertitudes. J'ai également pu prendre  (déjà) des étudiants sous mon aile. Je dois avouer que, pour le moment, le positionnement est assez délicat. Je jongle constamment entre ma nouvelle position d'infirmière, tout en n'oubliant pas qu'à peine quatre mois plutôt, j'avais encore le statut d'étudiante, aussi difficile soit-il. C'est toutefois un autre sujet dont j'aurai plaisir à parler et à vous faire partager dans un prochain article. 

Quoi qu'il en soit, je suis navrée pour cette longue absence, ma fin d'année, le mémoire ainsi que mon stage pré-professionnel m'ont pris un temps monstrueux. Et après tous ces évènements s'en sont suivis la recherche du premier poste, puis les (longues, mais méritées) vacances. En tout les cas, je vous dis à très bientôt ;). 

samedi 16 mai 2015

L'appréhension du premier jour de stage

Que l'on soit encore étudiant ou bien déjà diplômé, la majorité d'entre nous (si ce n'est pas la totalité...) a connu cette situation... Ce sentiment de stress grandissant à l'approche de ce fameux premier jour de stage. 
La première étape consiste à appeler le service afin d'obtenir diverses informations nécessaires à notre arrivée. Nous pouvons d'ores et déjà nous heurter à plusieurs obstacles ; l'absence de la personne que nous cherchons à joindre, un mauvais numéro, ou pire encore, certains ne sont même pas au courant de notre arrivée. 
Une fois les fameuses informations obtenues (horaires, tenues, repas...), arrive bien (trop) vite la veille de ce premier jour. Et la, de multiples questions s'imposent à nous : est-ce que je serai à la hauteur ? Comment sera l'équipe ? Est-ce que les soins seront intéressants ? En bref, comment va se dérouler notre stage. Et à force de tergiverser, le sommeil nous abandonne, et nous ne parvenons pas à dormir, ou peu. Et si nous avons la chance d'y arriver, ne parlons pas de la qualité de celui-ci...
C'est donc angoissé, stressé, des cernes jusqu'en bas des joues que nous nous présentons à l'équipe (ou directement à la cadre, dans le meilleur des cas).
Et là commencent les présentations inlassables et répétitives... 
"Bonjour, je m'appelle ....., je suis étudiante infirmière en Xième année".
J'admets à 100% qu'en tant que stagiaire et nouvel arrivant, ce soit à nous de nous présenter en premier. C'est même quelque chose qui nous parait naturel. Néanmoins, nous ne sommes pas contre les professionnels qui nous facilitent la tâche en nous accordant un tant soit peu d'attention. Alors il y a ceux là, qui s'arrêtent de marcher/papoter/téléphoner/autres pour nous regarder et nous laisser nous présenter. Et malheureusement, il y en a d'autres qui ne nous prêtent pas la moindre attention. Dans ce cas, on préfère les laisser terminer ce qu'ils sont en train de faire. Mais malheur nous en a pris ! Ô combien m'ont reproché de ne pas m'être présentée directement à mon arrivée... J'aurais cependant rêvé voir leur réaction si j'avais interrompu leur conversation sur leurs vacances pour m'imposer et décliner mon identité...
En bref, nous répétons inlassablement la même rengaine, parfois pendant plusieurs jours, et, dans mon cas, jusqu'à trois à quatre semaines après le début de mon stage, étant donné le nombre d'infirmières et d'aides-soignantes exerçant dans le service.
Je ne cherche pas à faire de reproches ou à désigner du doigt. Simplement, je sais que, lorsque je serai diplômée, je ferai tout pour mettre à l'aise un étudiant, quitte à parfois me présenter la première. N'oublions pas que les premiers jours peuvent représenter, pour certains étudiants, une grande épreuve.  

lundi 30 mars 2015

Keep smiling



Parce qu'il n'est rien de plus beau que d'échanger un sourire avec ses patients...
Ne l'oublions pas. Une si simple attention peut changer la donne. 

mercredi 25 mars 2015


Madame C était l'une de ces patientes discrètes, qui ne semblait jamais souffrir ni avoir besoin d'une aide quelconque. Et pourtant, Madame C était atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale. Nous devions également lui administrer chaque jour différents stupéfiants pour la soulager au mieux. Malgré tout cela, jamais elle ne s'est plaint. C'est une patiente avec laquelle je me plaisais à discuter, avec qui j'avais de brefs échanges toujours très riches, mais courts pour ne pas la fatiguer. 
Le weekend a passé, et je suis revenue dans le service le lundi suivant. En l'espace de deux jours, Madame C avait arrêté de s'alimenter et ne communiquait pratiquement plus. Elle qui se mobilisait plus ou moins aisément ne parvenait plus ne serait-ce qu'à se soulever la tête. Alors je sais qu'en tant que professionnel, nous nous devons de garder une certaine distance, que nous ne devons pas nous attacher à la personne. Avouons tout de même qu'il est des patients qui nous touchent plus que d'autres, sans que l'on sache réellement pourquoi. 
Alors ce jour là, et celui d'après, l'infirmière m'a demandé si j'avais le temps de m'occuper d'elle pour sa toilette, sachant que les deux jours précédents, ce soin avait pris à l'aide soignant pas moins d'une bonne heure. Bien au contraire, même si je n'ai pas osé l'avouer à ce moment là, je voulais y aller coûte que coûte. Je me devais de rendre les derniers jours de sa vie les moins difficiles et les plus confortables possibles. Alors j'ai pris le temps ; j'attendais que ses grimaces de douleur aient quitté son visage pour soulever son bras ou ses jambes ; je guettais son approbation pour la tourner doucement sur le côté ; je scrutais incessamment son visage afin d'être la plus douce et délicate possible. 
A la fin du soin, j'ai reçu la plus belle récompense que je pouvais espérer : Madame C a ouvert les yeux, et m'a adressé un faible sourire, où l'on pouvait y lire un merci. L'un de ces mercis qui vous retourne le coeur et vous touche au plus profond de vous même. 
Madame C est décédée trois jours plus tard, un jour où je ne travaillais pas. Au départ, j'ai été triste de ne pouvoir lui dire au revoir. Toutefois, aujourd'hui, je me demande si cela n'était pas mieux ainsi. 

Ce métier est fait de belles choses comme d'autres qui se révèlent plus tristes. Néanmoins, c'est en voyant tout le bien et le soulagement qu'on peut apporter dans un soin aussi "banal" d'apparence, que l'on se dit que notre travail est extraordinaire. 

lundi 16 mars 2015

Mémoire mémoire, mon beau mémoire






S'il existe de nombreux travaux durant cette formation, le mémoire est certainement l'un des plus prenant. Dès le début de notre formation, nous en avons des échos ; parfois vagues, d'autres fois précises, notamment lorsque nous l'entendions de la bouche des troisièmes années. Alors on se dit qu'on a encore le temps, que de toute façon nous pourrons y réfléchir le moment venu. Toutefois, ce que l'on ne nous précise certainement pas assez, c'est que ce fameux mémoire (il porte bien son nom celui là !) s'appuie sur n'importe quelle situation que vous aurez vécue en stage. Il s'agit dès lors de ne pas passer à côté des situations que nous avons pu vivre en première ou deuxième année, loin de là. Le choix de cette fameuse situation déterminera en grande partie le déroulement de votre mémoire. Alors, petit conseil : assurez-vous que le sujet vous plaise un minimum, au moins suffisamment pour que vous supportiez de passer une année entière dessus ! Choisir un thème n'est pas chose aisée ; il ne faut cependant pas, d'après moi, le faire à la légère, sans quoi vous risqueriez d'avoir envie de tout foutre en l'air.
Le MFE (ou TFE selon les personnes), peut parfois nous entrainer à un arrachage de cheveux intensif. Non seulement, il s'agit d'un travail qui pompe votre temps et votre énergie, mais en plus de cela, ils n'ont pas été assez futés pour alléger le semestre 5 (les fameux semestres impairs !). On peut très vite se retrouver sous l'eau, d'autant plus selon la personne qui vous est attribuée comme "guidante". 
Le MFE, c'est aussi une multitude de termes qu'on nous balance à la figure, et qu'on nous explique plus ou moins bien : cadre conceptuel, situation d'appel, question de départ, outil d'enquête, question de recherche, problématique et problématisation (deux choses apparemment totalement différentes, malgré une sonorité fortement proche). Et quand on pense avoir fini, on s'aperçoit qu'il nous reste encore tout un tas de choses à faire (corrections, bibliographie, entretiens et leurs analyses...). 
Quoi qu'il en soit, ne jamais rien lâcher ! Pas si prêt du but ; à quelques mois du diplôme, il faut savoir s'accrocher coûte que coûte ! 

[J'ai volontairement choisi de ne pas exposer mon thème par soucis de confidentialité (certes, ce blog n'a pas une côte de popularité hors du commun, et certes mon thème n'est pas le plus original qui soit, mais je suis du genre prévenante). En revanche, ce que je ne refuserais pas du tout, c'est de pouvoir vous aider, répondre à vos questions ou toute autre chose qui soit dans mes compétences ! Alors surtout, n'hésitez pas !
D'autre part, je reçois au moins deux visites par jour ; c'est peu, mais c'est un début ! Bref, là n'est pas la question. Simplement, je souhaitais vous remercier, et si vous aviez des remarques, suggestions ou toute autre chose, n'hésitez pas à me les communiquer ! :) ]

samedi 7 février 2015

Le travail de nuit



Après moult réflexions, j'ai eu envie de consacrer un petit article au travail de nuit. J'ai eu la chance de vivre cette expérience. Oui oui, la chance. J'estime plus avantageux de faire une première tentative durant nos études, plutôt que se lancer directement dans le grand bain une fois diplômé. J'ai ainsi pu savoir si oui ou non, ce rythme était fait pour moi. Et bien, la réponse est non. Pourtant, j'ai passé des moments extraordinaires ; c'est durant cette période que j'ai appris à travailler en totale autonomie, et que les infirmières qui m'ont encadrées me laissaient gérer toute l'aile du service (sous leur œil attentif -ou presque...-, bien entendu). 
Le travail de nuit, c'est avant tout un rythme à prendre. J'admire énormément les personnes qui font ça depuis plusieurs années. Je ne sais pas comment elles arrivent à tenir... Pour ma part, je dirais que c'est une autre approche, toute aussi intéressante, de la prise en charge infirmière. La nuit, on est seul... Incontestablement seul. Par là j'entends, à part un urgentiste et un réanimateur de garde, pas de médecin sur qui nous rabattre si un patient a un petit souci. Ne jamais commettre l'erreur de les déranger pour un simple petit bobo.. Malheur à vous !
La nuit, c'est aussi autre chose parce qu'on a plus de temps à accorder aux patients. On peut les écouter encore plus attentivement, prendre le temps de leur parler, de les rassurer. Ce sont des choses que l'on fait de jour, bien entendu. Toutefois, je dirais que le rythme est plus soutenu. J'exclus dans cela les services qui tournent à un rythme effréné 24h/24 (réanimation, urgences et j'en passe...). 
Mais la nuit, c'est aussi prendre son dîner à 23h, voire minuit ; se coucher à 8h du matin, et se relever à 16h. La nuit, c'est prendre son déjeuner à 17h, et ne voir ses proches qu'une heure dans la journée. Pour ma part, c'est là la principale difficulté que j'ai rencontré : une certaine forme d'isolement social... Je n'aurais jamais si peu vu ma famille et mes amis que durant cette période. Malgré tout, ce stage m'aura laissé un très bon souvenir, et j'y ai vécu des expériences extraordinaires. Une fois encore, je voudrais remercier cette merveilleuse équipe, sans qui ce stage n'aurait pas été ce qu'il fut pour moi. Merci.

Et vous, avez-vous déjà eu l'occasion de travailler de nuit en tant qu'étudiant ? Qu'en avez-vous pensé, retenu ? N'hésitez pas à partager vos propres expériences !

lundi 26 janvier 2015

"C'est l'heure de la pause"



Petit pavé en perspective... Mais parlant d'une expérience qui m'a grandement marquée, et dont je me souviens encore aujourd'hui. Je ne cherche à incriminer personne, mais juste à exposer mon incompréhension face à cela. 

Malgré ma grande admiration pour le travail réalisé par les aides-soignantes, j'en ai malheureusement rencontré certaines au cours de mes stages qui m'ont fait déchanter. J'admets tout à fait que leur quotidien, tout comme le notre, n'est pas des plus simples ni des plus reposant. Je comprends également que des temps de pause soient nécessaires (voire indispensables) dans la journée. Toutefois, ce que j'ai du mal à encaisser, c'est que certaines aillent prendre leur pause en même temps, qu'elle dure officiellement 15 minutes (mais officieusement 1h...), et que, lorsqu'on les sollicite parce que l'infirmière, de son côté, croule sous le travail, que pendant ce temps là, nous essayons de l'avancer dans ses taches et sommes donc submergés par le boulot, elles osent nous répondre "Non mais tu comprends, là je suis en pause". Gentiment, je leur réponds que je comprends tout à fait, qu'elles ont droit tout comme nous à leur pause, mais que malheureusement Madame F vient de sonner (sonnette qui, soit dit en passant, sonne depuis plus de dix minutes sans que personne n'aille répondre... Raison pour laquelle j'ai couru voir la patiente en sortant d'une autre chambre), et qu'elle a malheureusement eu la diarrhée... Toujours de façon polie et cordiale, je lui demande si ça ne la dérangerait pas de prendre cinq minutes sur sa pause pour aller changer sa protection, quitte à rajouter ce temps à la suite de sa pause, étant donné que je devais réaliser des soins urgents... Ce que je ne supporte pas, c'est d'avoir comme réponse : "Non mais je t'ai déjà dit qu'on était en pause, et puis elle peut bien attendre le tour des changes, c'est à peine dans un peu plus d'une heure"... Sauf qu'il est impensable pour moi de laisser une pauvre patiente patauger dans ses selles pendant tout ce temps. Que font-elles du risque d'escarres ? Sans parler, en tout premier lieu, du confort même de la patiente ? Patiente qui, je tiens à le préciser, ne sonne quasiment jamais, hormis en cas de grande nécessité. 
C'est ainsi que j'ai décidé d'arrêter ce que j'étais en train de faire, de tout poser, quitte à me retarder grandement dans mon planning déjà surchargé, et d'aller voir cette patiente afin de la soulager. Bien que cette dernière ai réussi à calmer mon énervement en me remerciant à de multiples reprises, et en s'excusant de m'avoir dérangée "juste" pour ça, je dois avouer que la pilule a eu du mal à passer. Sans compter qu'il s'agit d'un évènement qui s'est répété à plusieurs reprises sur mes cinq semaines de stage...

Toutefois, si ça n'avait pu arriver que dans ce service, ç'aurait été magnifique... Lors de la première semaine de mon premier stage, après l'heure du déjeuner, nous avons décidé, l'autre stagiaire infirmière et moi-même, de faire un tour des chambres afin de voir si des résidents avaient besoin de quoi que ce soit. Tout se passait bien, jusqu'à ce que nous arrivions dans la chambre d'une patiente ayant la pathologie d'Alzheimer, pesant un certain poids, que nous avons retrouvé couchée dans son lit, baignant dans ses urines. Ne sachant pas réellement quoi faire étant donné que nous n'avions aucune expérience sur le terrain, nous avons été chercher une aide-soignante, qui venait de terminer un change. Nous lui avons gentiment demandé si elle pouvait nous aider à venir changer Madame P, car nous avions peur de ne pas y arriver seules, voire que la patiente chute. Réponse immédiate : "Non ce n'est pas le moment, le tour des changes est dans une heure, elle peut bien attendre encore un peu...". 
Ne pouvant pas accepter de laisser cette pauvre dame dans de telles conditions, nous avons décidé de changer nous même la patiente. Comme c'était prévisible, nous avons immédiatement rencontré de grandes difficultés... La patiente ne s'est pas du tout avérée coopérante, et nous n'arrivions pas à la mobiliser. Heureusement, à ce moment là, un aide-soignant qui passait dans le couloir nous a demandé s'il pouvait faire quelque chose, nous voyant certainement galérer comme deux pauvres étudiantes de première année que nous sommes. Je ne dis pas que tous les premières années ne sont pas dégourdis, bien au contraire, il s'agit simplement de pratiquer et de pouvoir développer nos capacités. Cependant, pour l'une comme pour l'autre, il s'agissait là de notre toute première expérience dans le milieu médical, et nous n'étions là que depuis deux jours. Nous ne voulions par conséquent pas prendre l'initiative de lever de nous-même la patiente, au risque que celle-ci ne tombe. Ce fameux aide-soignant nous est apparu comme notre sauveur, et nous avons pu réinstaller la patiente dans de bonnes conditions. Nous l'avons chaleureusement remercié en lui demandant s'il avait besoin d'aide. Nous avons donc par la suite continué le tour avec lui. Encore aujourd'hui, je voudrais lui dire merci.

Pour conclure, et je le répète, j'admets tout à fait que le temps de pause est un moment indispensable pour décompresser et se déconnecter un peu du travail. Moi-même, je la savoure de bout en bout. Toutefois, il m'est arrivé à maintes reprises de devoir me lever en plein milieu du repas pour répondre à une sonnette (oui, c'était mon tour), et de malencontreusement tomber, de temps à autre, sur une protection débordante de selles. Je comprends tout à fait que ça ne soit pas la chose dont on rêve de faire en plein milieu d'un repas. Cependant, en accédant à cette formation et en voulant réaliser ce métier, nous savons tous dans quoi nous nous engageons, et savons théoriquement que cela ne sera pas toujours rose tous les jours. Je pense que certains se diront "c'est facile à dire, elle commence à peine dans le milieu", mais je sais très bien que jamais je ne pourrais profiter à 100% d'une pause si je sais que j'ai laissé, de mon plein gré, une patiente patauger dans ses urines ou ses excréments, pour un temps si long.

dimanche 11 janvier 2015

J'ai connu une infirmière.... (3)

... qui, durant toute la période de mon stage, n'a jamais répondu à une seule sonnette, n'était jamais disponible pour aider sa collègue aide-soignante à réinstaller un patient, ni pour l'aider à faire un transfert. Elle courait toujours dans tous les sens pour des raisons que nous ignorions tous, et se rajoutait une charge de travail sans raison apparente. Elle faisait d'une simple égratignure un énorme pansement aux protocoles invraisemblables qui duraient selon elle une éternité à refaire. Par conséquent, elle nous disait avoir plus de vingt pansements à réaliser en une matinée, quand l'infirmière du lendemain n'en trouvait que dix. C'est elle-même qui passait un temps fou à rédiger ses transmissions sur l'ordinateur, et nous ne trouvions le lendemain qu'une ligne minuscule à propos des soins réalisés ce jour. Enfin, c'est cette même infirmière qui m'a appelée pour la pose d'une sonde urinaire, mais qui, en apprenant que j'en avais vu plusieurs sans jamais en faire une seule, n'a pas voulu me laisser réaliser l'acte. Elle-même qui, durant le soin, a déstérilisé tout son matériel, me criait de l'aider à mieux positionner la patiente afin de rendre le méat plus visible, alors qu'elle me poussait en même temps parce qu'elle "ne voyait pas assez bien". C'est ainsi qu'un soin, s'il avait été réalisé plus calmement et en posant les choses, s'est transformé en une troisième guerre mondiale durant lequel elle n'a cessé de me crier dessus pour me dire le contraire dix secondes plus tard. Après coup, je me suis dit qu'elle m'avait rendu service en ne me laissant pas faire le soin, sans quoi il m'apparait que j'aurais perdu tous mes moyens et aurais pu, de moi-même, transmettre je ne sais quel germe à la patiente.

lundi 5 janvier 2015

Une situation pour le moins.. marquante

Il est de ces situations que nous ne sommes pas prêts d'oublier. Aujourd'hui, j'ai repensé à une qui m'a particulièrement marquée (au sens propre, comme au figuré...). C'était durant ma deuxième année, lorsque j'ai effectué un stage au sein d'une résidence accueillant des personnes handicapées mentales. Il m'a fallu me battre bec et ongles pour parvenir à me faire une place dans ce milieu, et plus particulièrement pour réussir à me faire accepter par chaque résident. Ce fut le cas, après quelques semaines de durs labeurs. Toutefois, j'aurais certainement dû écouter les conseils de ma grand-mère, qui m'incitait souvent à me méfier du loup qui dort. J'avais pourtant l'impression d'avoir établie un certain contact avec Louane (ou presque ça...), cette résidente qui, en plus de son handicap mental, présentait également une forme de trisomie particulière. C'est donc tout naturellement que je suis allée la chercher pour l'accompagner dans le poste de soin, où le médecin l'attendait. Pour ce faire, j'ai bien entendu utilisé les méthodes de communications que l'on m'avait enseignées, et Ô miracle, elle n'a opposé aucunes résistances. Plutôt contente de moi, je décide, une fois le rendez-vous achevé, de la raccompagner à sa chambre. Que nenni, ce n'était pas du tout son souhait à elle ! Alors, employant toute la douceur possible et la persuasion dont j'étais capable, j'ai tout de même réussi à la faire aller jusque dans les escaliers. Ma première erreur : me placer une marche en dessous de celle où elle se situait. La seconde : insister (toujours gentiment, mais cela ne suffira pas). Le résultat : une bonne claque bien placée. Oui oui, sa main est partie tellement vite que je ne l'ai pas vu venir, mais ma joue, elle, l'a bien sentie. C'est à ce moment là (mieux vaut tard que jamais...) qu'une lueur de lucidité m'a envahie : seule, je n'en étais pas capable. Je suis alors allée chercher secours auprès de sa référente, qui la connaissait depuis des années. Il lui a simplement suffit de lui demander de remonter dans sa chambre pour qu'elle s'exécute. 

Morale de cette histoire : il ne faut pas tout prendre pour acquis, et toujours savoir se remettre en question. Enfin, il ne faut pas pas oublier que nous ne sommes pas seuls... Nos collègues et les gens qui nous entourent peuvent se révéler de vraies personnes ressources...