mardi 11 novembre 2014

EHPAD, me voilà !




Les idées de sujets à traiter fusent, si bien que je ne sais plus où donner de la tête. C'est pourquoi je me suis demandée... Pourquoi ne pas commencer par le commencement ? Par commencement j'entends première insertion dans la vie active, la vraie. Vous l'aurez compris, j'aimerais partager avec vous mes toutes premières expériences sur le terrain.

Mon premier stage s'est déroulé, certainement comme pour beaucoup d'entre nous, en maison de retraite. Ce fut mon choix, car je ne me faisais pas assez confiance pour commencer par un service dit plus « technique ». Je voulais débuter par quelque chose de plus "tranquille" qui puisse me mettre à l'aise avec le métier, et qui me permette d'être au point en ce qui concerne les soins d'hygiène. Après avoir revu les bases indispensables à l'IFSI, les premiers préparatifs se sont imposés. Matériel réunis : check. Tenues propres et repassées : check. Élastique pour les cheveux et ongles coupés : check. Il ne me restait plus qu'à faire le chemin la veille (non, je suis la seule à faire ça?) pour repérer les alentours afin de ne pas me perdre le jour J. Jusque là, je me sentais fin prête... Puis le stress a commencé à s’immiscer en moi... Vous devez bien la connaître, cette appréhension avant d'arriver en terre inconnue... Et là, d'innombrables questions ont envahi mon esprit : comment va être l'équipe ? Est-ce que je vais m'y plaire ? Et si jamais ce métier n'était pas fait pour moi, qu'est-ce que je vais faire ? Et si je suis confrontée à de la maltraitance ?
Fort heureusement pour moi, même si je n'étais pas réellement attendue, tout s'est bien déroulé. J'ai été plus ou moins bien intégrée à l'équipe, encadrée... Tout du moins, les deux premiers jours. Car dès le troisième jour, plongée dans le grand bain : la cadre décide de m'attribuer les deux résidents que j'aurai à prendre en charge... Et ce, de A à Z. Très bien, sauf que, comment vous dire... Etais-je censée lui rappeler qu'il ne s'agissait là que de mon premier stage ? Même si tout le personnel était relativement sympathique et disponible, et en y repensant encore aujourd'hui, je ne trouve pas cela responsable de lâcher une étudiante de première année n'ayant aucune expérience, et de lui laisser faire ses premières toilettes SEULE, sans que personne ne l'observe pour la corriger.
Toutefois, bien trop timide et « obéissante » pour dire quoi que ce soit, je m'y suis attelée sans rien dire. L'avantage, c'est que j'aurais appris à être autonome très rapidement au niveau des toilettes, et en respectant les « règles de bonnes pratiques ».


Ma deuxième pensée est attribuée aux premiers soins infirmiers dits « techniques » que j'ai réalisé en compagnie de jeunes infirmières diplômées : mesure de la glycémie capillaire, injection d'insuline, et surtout... Mon premier prélèvement veineux. Toutes ces petites choses qui aujourd'hui me paraissent si « banales » et ne m'angoissent plus du tout, m'ont pourtant retourné l'estomac d'appréhension quand j'ai du les réaliser la première fois... Notamment ma première prise de sang (que j'ai réussi, oui oui!). Je me souviens encore avoir eu l'impression que mes mains tremblaient comme une feuille, tandis que l'infirmière m'a affirmé ensuite que j'avais semblé d'un calme Olympien... Nous dirons que cela fait sans doute parti de l'une des « qualités » que ce stage m'aura permis de développer.

Petit à petit, une routine s'est installée, j'ai appris à connaître les résidents, les médicaments, le rôle de chacun... J'ai pu apprendre à me faire confiance et à encadrer, à la fin de mon stage, un nouvel étudiant de première année. Durant ma dernière semaine, l'infirmière m'a dit deux choses que je ne suis pas prête d'oublier. La première « Le jour où je devrais aller en maison de retraite, tu pourrais sans problème prendre soin de moi », et la deuxième, quelques jours plus tard, « Tu verras, tu te souviendras longtemps de ce premier stage »... Et sur ce dernier point, je sais qu'elle a raison...

« Oh, vous vous en aller déjà ? Vous me manquerez, je vous l'ai déjà dit, mais c'est fou comme vous me faites penser à plusieurs de mes petits enfants ! » Oui, ça elle me l'aura longtemps répété, mais ce sont des petites phrases qui nous touchent et nous réchauffent le cœur...

« Oh, mais où rentres-tu donc ma petite ? Chez toi ? Très bien, je passerai te rendre une petite visite à l'occasion ! » dixit une vieille dame Alzheimer, relativement attendrissante.


« L'infirmière coordinatrice m'a dit beaucoup de bien de vous, alors sachez que si à l'occasion vous avez envie ou besoin de faire des vacations aides-soignantes pendant vos études, nos portes seront toujours grandes ouvertes ! » ... Merci Monsieur le directeur, mais sur ce dernier point, je ne sais pas si c'est sincère ou si le manque de personnel se faisait sentir... Nous dirons 50-50 ;)

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